LES FEMMES, LE SEXE ET LE DÉSIR

2 février 2017


Est-ce que tu aimes le sexe? Le sexe, je veux dire l’activité physique, le coït, tu aimes ça? Tu ne t’intéresses pas au sexe? Les hommes pensent que les féministes détestent le sexe mais c’est une activité très stimulante et naturelle que les femmes adorent. Béyonce (Paroles de la chanson Partition reprise de The Big Lebowski).

Pourquoi une telle thématique? Cela faisait très longtemps que nous voulions aborder ce thème et pour cause, la sexualité féminine a toujours été un sujet sensible au sein de notre société.

Je me souviens plus jeune mes camarades et moi imaginions toutes sortes de choses sur le SEXE. En grandissant la société ainsi que les médias n'ont fait que renforcer certaines croyances que je m'étais forgée. Que cela soit en matière d'amour ou de sexe l'homme devait toujours prendre l’initiative, les femmes étant reléguées au second plan: passives. Ces dernières ne pouvant exprimés leur désir sous peine de subir la foudre moralisatrice de notre chère société.

Qui n'a jamais entendu le fameux: « c'est une fille facile» issus de certains de nos congénères masculins ou même féminins. Comme si une femme assumant ses désirs et envies était une fille de petite vertu! Un peu de bon sens je vous en prie. La sexualité féminine est soumise à une sorte de codes imposés dès l'adolescence, un code de conduite auquel les femmes doivent se référer pour être dans la norme.

Elle est relativisée, vu comme un angle de la sexualité masculine (je parle ici de la sexualité hétérosexuelle). Elle se superpose à celle ci.

Vous allez sans doute trouvez cela étrange mais nous avons tous une définition du sexe qui nous est propre. Pour certains le sexe désigne la pénétration alors que pour d'autres cela représente bien plus que cet acte là.

La représentation classique de la sexualité hétéro-patriarcale se déroule toujours de façon à mettre l’homme en avant. Préliminaire+pénétration, l’acte s’arrêtant lors de l’éjaculation masculine. Cette forme de sexualité comporte donc un problème majeur, dans le sens ou elle la seule façon de faire l’amour « validée par la société ». Elle n’est pas mauvaise en soi, il serait malvenu que quiconque vous dise comment vous devez baiser. Et c’est précisément là que le patriarcat pèche. La société ne nous donne pas d’autres alternatives, elle présente le pénis comme seul et unique centre possible de plaisir et la pénétration comme point d’orgue de toute relation, et le vagin comme un organe faible, passif n’était destiné qu’à recevoir. Les hommes sont conditionnés à posséder, à pénétrer, à asseoir leur virilité par un coup de bite. Et les femmes sont conditionnées à être passives, à être pénétrées. Ce genre de rapport ne laisse aucune place au clitoris, au point G et à l’éjaculation féminine, ou tout au plus dans certaines catégories de porno.

Remarquez deux choses : d’une part le vocabulaire associé à la pénétration est extrêmement violent : « casser les pattes arrières » « défoncer » « ramoner » « labourer ». D’autre part un homme dit « je vais te prendre » lorsqu’il annonce à une femme qu’il va introduire son pénis en elle. Ce qui est littéralement faux, car un pénis ne prend rien –a la rigueur c’est le vagin qui emprisonne le pénis et peut le « prendre »- cette expression révèle combien la pénétration est synonyme de « prise de pouvoir » sur l’autre, « prise de contrôle de son corps », ce qui conduit inévitablement à la symbolique du viol : prendre, posséder, dominer autrui.

Pour moi le sexe c'est quelque chose de globale qui comprend les préliminaires et la pénétration. Pourquoi définir le sexe ? Tout simplement parce que en 2017 certaines personnes n'arrivent toujours pas à faire la différence entre le SEXE CONSENTANT et le VIOL.
Ce n'est pas parce qu'une femme a donné son consentement pour les préliminaires qu'elle veut forcément une pénétration par la suite. Je pense qu'il manque des cours d'éducation sexuelle où l'on expliquerait la notion de CONSENTEMENT qui est ultra-importante.

La société patriarcale maintient volontairement le flou en ce qui concerne le consentement.
Lorsqu’on montre aux enfants des dessins animés dans lesquels la princesse endormie reçoit un baiser de son prince, on leur explique que c’est romantique. Or ce qui se passe sous leurs yeux est une agression sexuelle.
La culture pop est saturée de références au fameux « Non qui veut dire Oui », et d’autres manœuvres masculines censées assurer suffisamment de virilité pour posséder une femme (on se souvient d’une célèbre publicité de voiture « il a la voiture, il aura la femme »), de femmes nues, soigneusement découpées selon les règles du « mâle gaze », vendant des produits n’ayant rien à voir avec leurs corps : yaourts, savons, parfums…
Comment penser alors que les femmes existent pour elles-mêmes et non pas pour le regard des hommes ?

Nous vivons dans une société qui encourage le viol. Alors que c’est théoriquement un crime puni d’emprisonnement, il existe en réalité très peu de condamnation. On estime qu’environ 10% des victimes adulte déclarées portent plainte suite à un viol, et que seulement 10% de ces plaintes reçoivent une suite et vont jusqu’à une condamnation qui n’excède que rarement six mois avec sursis. On recense 75 000 femmes adultes violées en France par année, mais on sait aussi que ces chiffres sont largement sous estimées parce que la majorité des victimes ne parlent pas, n’osent pas dénoncer par peur, par honte ou par ignorance.

Pour rappel en France : Le viol est défini par le Code pénal (article 222-23) comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise On distingue le viol des autres agressions sexuelles à travers l'existence d'un acte de pénétration qui peut être vaginale, anale ou buccale. Cet acte peut être réalisé aussi bien avec une partie du corps (sexe, doigt, ...) qu'avec un objet. La peine encourue par l'auteur d'un viol est de 15 ans de prison. Cette durée est portée à 20 ans dans certaines circonstances, notamment lorsqu'il est commis sur un mineur de quinze ans ou par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire lié à la victime par un PACS. Le viol est puni de 30 ans de réclusion criminelle lorsqu'il a entraîné la mort de la victime.
La culture du viol est l’un des piliers du patriarcat. Tout est fait pour que les femmes ne soient que des proies à conquérir, des choses fragiles, faibles et tout entières à disposition des hommes. Cela se passe en grande partie par le contrôle du corps des femmes et leur sexualité.

Enfin pour revenir à la sexualité féminine dès lors que les hormones s'activent à l'adolescence, les jeunes filles vont malheureusement tomber sous le joug de notre chère société. Une femme ne peut avoir de désir car c'est sale et cela ferait d'elle une mauvaise fille. La masturbation féminine existe bien que très peu abordée !!!! Lors des interventions sur l'éducation sexuelle seul la masturbation masculine était abordée, on passait très rapidement sur la féminine. Comme si il y avait une certaine gêne à parler de sexualité féminine en dehors de l'acte de pénétration.

Positionnement
Parler de sexualité est quelque chose qui me semble très compliqué, surtout quand l’éducation à ce niveau n’a pas été faite. Au départ c’était quelque chose de vraiment tabou, lorsque tu couchais avec quelqu’un tu étais considéré comme une pute une salope alors que les mecs étaient vu comme des thugs c’était synonyme de virilité. J’avoue que la première fois a complètement changée mon positionnement sur la question de la sexualité féminine. Avant celle-ci ne m’était relatée que par mes amies ayant déjà eu des rapports. Dorénavant j’ai ma propre expérience et je sais que la sexualité féminine est difficile à assumer en tant que telle. D’une part parce que le milieu dans lequel j’ai grandi influe sur ma perception de la sexualité. A vrai dire j’ai peur d’être une salope.


Orientation

Je suis hétéro, et je sais que l’homosexualité n’est pas un choix. Certaines personnes se disent curieuses d’essayer avec une personne du même sexe qu’elles mais pas moi à vrai dire. Non pas par honte mais par manque d’intérêt et peut-être par manque de maturité aussi.


Origines et sexualité

Je suis apparemment le fantasme de la personne avec qui je couche, c’est extrêmement gênant et perturbant. Surtout pour une première fois. Dans ma relation avec lui je crains d’être devenu en quelque sorte son objet. Mes origines n’ont plus aucune incidence sur ma sexualité dans la mesure où j’ai fait le deuil de me marier vierge. J’ai appris que le principal était de le faire avec la personne dont j’avais envie. Et je continuerai dans cette voie.


Ma place vis-à-vis de mon partenaire


C’est difficile de définir complètement sa place mais selon moi je suis en subordination. Cela peut paraître dégradant pour beaucoup de personnes. 
Anonyme


C'est à dire qu'une femme exprimant son désir et ses envies publiquement sera immédiatement cataloguée comme une «fille aimant se faire baiser» alors qu'un homme enchaînant les conquêtes sera encensé par ses pairs. C'est bien connu une femme ayant plus de 5 partenaires sexuels dans le mois et qui se vante de ses méfaits est une pute, quant aux hommes silence radio... Il y'a toujours cette image : si tu ne souhaites pas être exposée ne dis rien.


Alors qu’un homme peut parfaitement se vanter d’avoir eu 5 partenaires dans un seul week-end, ce ne sera que positif pour lui, ça renforcera sa virilité.
Interrogeons-nous donc sur le fait qu’il n’éprouvent aucun scrupule à coucher avec des filles qu’ils traiteront de pute le lendemain –pour le seul motif d’avoir partagé du sexe- et qu’ils infligent à d’autres êtres humains des insultes qu’ils refusent de s’appliquer à eux-mêmes.
Logique patriarcale…

Une femme ne peut avoir une sexualité épanouie sans craindre un étiquetage. Elle sera vue comme une fille facile car elle enchaîne les partenaires (les hommes aiment se la taper car c'est une fille facile) soit une fille aux mœurs légères (dans ce cas nous devrions également compter les hommes aux mœurs légères qui se compte sur les doigts). Je me souviens de ce tweet qui disait qu'une femme ayant eu trop de partenaires verrait son vagin élargi, sur le coup j'ai eu un fou rire  tu vois que l'homme  manque de connaissances sexuelles (le vagin ne s'élargit pas il y a toutes types de vagins).

Le vagin ne s’élargit pas. Le vagin est une paroi muqueuse dont la taille varie en fonction des personnes et de l’activité pratiquée, ainsi lors d’une pénétration il s’allonge et s’élargi pour accueillir le membre ou le sextoys, il se contracte lors de l’orgasme et reprend ensuite sa forme originelle, exactement comme un pénis. Le vagin est entouré par un muscle nommé le périnée. Ce muscle qui est présent chez tous les êtres humains perd en tonicité avec l’âge (y compris chez les hommes) et après un accouchement. La croyance patriarcale selon laquelle une femme ayant eu de nombreux partenaires aurait un vagin élargi est fausse. Il en va de même pour bien d’autres croyances, telle que celle qui consiste à penser que le sperme reste présent dans le vagin durant des années, rendant ainsi les femmes souillées. Le vagin est un organe très propre et après un rapport non protégé, les sécrétions naturelles (cyprine) chargées de maintenir l’équilibre de la flore vont évacuer le sperme restant en quelques heures.

La sexualité est abordée sur l'angle masculin alors que les femmes ont aussi des désirs. Nous avons aussi des pulsions, pourquoi ne pourrions nous pas être satisfaites? Devrions-nous avoir honte de nos désirs ? Les refouler ?

Ce qui me conduit à nous questionner sur le mythe de la virginité, que j'ai toujours trouvé aberrant. Ce mythe ne sert qu’à contrôler la sexualité, à la freiner, c'est n'est qu'un contrôle patriarcal. Pourtant ce sujet obsède encore un grand nombre de personnes comme si les femmes faisaient tout un foin sur la sexualité masculine. Un contrôle qui passe sur le corps des femmes, qui veut qu'elles aient honte de leurs sexualités.

Il est à ce sujet légitime de s’interroger sur les concepts « d’honneur « et de « virginité ». Il y a de nombreuses croyances que la science permet aujourd’hui de déconstruire au sujet de l’hymen, cette fine membrane censée se rompre lors du premier rapport sexuel, garantissant ainsi « l’honneur ». Il est crucial de nous demander à quel point le patriarcat est pervers pour placer l’honneur d’une famille entière –et surtout du père- dans le vagin d’une d’une jeune fille. Le contrôle du corps des femmes pour la gloire du père, du mari…C’est l’essence même du patriarcat.

Il ne m'a pas toujours été facile de m'approprier ma sexualité. Tout d'abord parce que j'ai grandie dans une famille très croyante comme on en trouve beaucoup aux Antilles. Le sexe, surtout pour les filles, est souvent présenté comme sale, interdit, à réserver pour le mariage. Sous couvert de "vouloir notre bien", j'y vois surtout une volonté de contrôler nos corps.


J'ai longtemps eu honte d'aimer le sexe. Et les nombreuses anecdotes de sévices et autres corrections infligées à celles qui "ne se respectaient pas" m'ont pas mal traumatisée.

J'ai débuté ma vie sexuelle vers 17/18 ans (j'entends par là le sexe selon la société hétéro normative sinon c'est plus tôt) avec un mec que je pensais aimer. Cette "première fois" a été plutôt chaotique, j'étais presque dégoûtée. Partenaire peu à l'écoute et surtout là pour son plaisir perso.


Mais heureusement des partenaires bienveillants, à l'écoute ont croisés ma route pour me réconcilier avec cet aspect de ma personnalité. Et en explorer la multitude de possibilité, la vie est longue on en découvre au fur et à mesure, nul besoin de se presser pour tout expérimenter selon moi.

La façon dont on commence sa vie sexuelle n'en détermine pas la suite et heureusement.
J'ai peu à peu réussi à ne plus laisser les paroles négatives de mon éducation rigide m'envahir. J'ai appris à m'écouter, à écouter mes partenaires pour partager nos désirs. Et surtout le sentiment de honte que j'éprouvais auparavant car j'aime le sexe a disparu. J'assume parfaitement malgré toutes les insultes que j'ai pu essuyées dans ma vie.


Une autre difficulté qui s'est ajoutée dans mes rencontres en tant que femme caribéenne est cette image sulfureuse qu'on veut à tout prix nous coller. Ces hommes qui s'attendent à ce que tu whines sur eux tel Rihanna sur Drake dans "Work" et ce dès le premier rendez vous (spoiler alert : ce n'est pas comme ça que ça fonctionne les gars!).

Combien de fois ai-je entendu de leurs bouches, pensant sûrement me complimenter "les Antillaises vous êtes magiques et chaudes au lit, tu pues le sexe, j'ai jamais essayé avec une antillaise"...
Personnellement, j'ai beau adorer le sexe, ce n'est pas quelque chose que je partage avec le.a premier.e venu.e. Le sexe est pour moi un moyen de communication avec l'autre, une façon de montrer mon attachement, de me connecter à l'autre. Et cela passe autant par l'esprit que par le corps.
Donc Messieurs, petit conseil, adaptez votre discours en fonction de la personne qui est en face de vous. Ne vous auto contemplez pas quand vous engagez la séduction d'une femme. Nous femmes noires ne sommes pas des objets de luxures dont vous pouvez disposer comme bon vous semble, aussi sexuelle puisse être la partenaire. @Poupeeafro

Le contrôle de la virginité à eu une portée politique qui n’a plus lieux d’exister aujourd’hui mais qui perdure sous d’autres formes. Quand il était nécessaire de transmettre un nom et une terre à ses descendants, puisque dans nos sociétés patriarcales le nom se transmet par le père et qu’il n’existait avant les tests ADN aucun moyen de prouver une paternité, il fallait s’assurer que l’épouse soit vierge et qu’elle ne couche qu’avec son mari pour garantir la légitimité de ses descendants. Et pour le prouver, il fallait qu’elle saigne, faisant perdurer jusqu’à nos jours la croyance (fausse) qu’une jeune fille doit saigner et avoir mal la première fois.

Biologiquement parlant, l’hymen n’est pas censé se rompre, a aucun moment de la vie. Cette membrane qui peut prendre diverses formes selon les personnes est suffisamment souple pour supporter une pénétration sans s’abîmer. On peut imaginer à quel point la pénétration doit être violente et douloureuse pour déchirer un morceau de peau que même un accouchement ne dérange pas. Je tiens ici à souligner l’ingéniosité des femmes, des mères et des grands-mères qui se sont toujours arrangées pour que leur fille saigne sur son lit de noce, grâce à des subterfuges, que je ne citerais pas ici pour ne pas porter préjudice aux jeunes filles encore soumises à cette tradition.

La vérité est qu’une sexualité avec pénétration, sans violence, avec douceur et suffisamment de lubrifiant devrait se passer sans douleur et sans saignements.
D’ailleurs pourquoi associe t-on virginité avec pénétration ? Dirait-on d’une lesbienne qui a pratiqué tout ce qui possible en terme de sexe sauf une pénétration vaginale par un pénis qu’elle est vierge ? On ne devrait même pas avoir à répondre à cette question et encore moins à se la poser. Une fille devrait avoir les mêmes standards de virginité qu’un garçon : définis par eux-mêmes selon leurs ressentis.

Nous sommes censées être soumises aux désirs masculins par exemple nous pouvons prendre en compte les remarques envers les femmes ne faisant pas de fellation ex : si elle ne suce pas, il n'y aura pas de cunni ou si elle ne suce pas, pourquoi continuer avec ? Ou la fellation est incontournable dans un couple phrase que j'ai déjà entendu et  lu plusieurs fois dans des magazines (cf. : ELLE la pipe comme ciment du couple). D'autre part le tout est renforcé par le porno où généralement la femme est dominée.

Parfois même comble du ridicule patriarcale, on entend « pas question que je te fasse un cunni c’est sale, par contre tu dois me sucer ».

Il s’agit là d’une vision phallocentrée du couple, tout doit tourner autour de l’homme, de ses besoins, de ses envies, et la femme ne doit être là que pour les satisfaire. Et plus encore, si tout donner et s’oublier ne suffit pas, elles doivent encore en faire plus, toujours plus. Pas de désir ? Pas d’envie ? Douleur ? Fatigue ? Règles ?

ELLE et tant d’autres ont la réponse : Une pipe. Acte de soumission patriarcale par excellence. Si certaines d’entre nous adorent prodiguer cette gâterie, ce qui est parfaitement normal et légitime avec un partenaire safe, l’acte en lui-même et toute sa symbolique doivent quand même nous interroger. S’il est tant associé à la soumission féminine, c’est parce qu’aucune d’entre nous n’a encore osé mordre. Alors qu’aucun homme n’est plus vulnérable que lorsqu’il laisse son précieux organe entre les dents d’une femme qui n’a pas envie de lui faire plaisir. Mais les hommes savent que nous ne les mordrons pas, le conditionnement patriarcal est bien fait.

A-t-on vu de mémoire de femme, un magasine enjoignant ces messieurs à prodiguer de longs cunni à leurs épouses pour cimenter leur couple ? Spoiler : non.

On retrouve ces injonctions dans tous les couples hétéro, à tous les stades de la vie.
Chez les jeunes fille qui sont sommées de « se donner » pour prouver leur amour. Peut importe leurs propres désirs, leurs ressentis et même leur santé parfois, ce qui compte c’est l’homme, sa bite, ses exigences.

Chez les jeunes mères qui se remettent à peine d’un accouchement, a qui les pédiatres disent « vous devez vous forcer un peu sinon votre mari ira voir ailleurs ». Quelle injonction terrifiante. Et les maris qui mettent la pression à leurs épouses pour qu’elle soit de nouveau disponible pour eux, elles doivent arrêtent leurs allaitements précocement pour que monsieur puisse « retrouver ses jouets » (dixit Marcel Rufo, pédopsychiatre dans l’émission Allo Rufo).

Que conseille t-on aux femmes d’âge mûr dont le mari menace de partir en crise de la cinquantaine avec une petite jeune de 18 ans ? Certainement pas de prendre soin d’elles et de virer le malotru…

Je me souviens de ce commentaire " la masturbation féminine c'est dégoûtant «, je vous avoue que j'ai mis du temps à comprendre que c'était naturel de se faire plaisir. La masturbation est mal chez vu les femmes pourtant je la trouve essentielle. C'est à dire elle permet de découvrir son corps sous toutes ses facettes, il faut aussi arrêter de penser que la pénétration est synonyme de plaisir pour toutes. Certaines femmes ne ressentent aucun plaisir suite à la pénétration, je vous avoue qu'au début un sentiment de honte vous envahit ; les remarques du type fusent  " c'est sale, c'est pour les hommes ou tu ne préfères pas qu'un homme le fasse à ta place ? " . J'ai l'impression qu'on a tellement ancré dans nos têtes que le plaisir devait se faire à deux qu'on a du mal à apprécier la chose. L'idée que la masturbation ne peut pas se faire sans un homme est tellement répandu comme si on ne pouvait pas inassouvir seul nos désirs.  

La masturbation féminine est un tabou largement maintenu par la société patriarcale. Alors qu’il y a quelques siècles c’était la masturbation tout court (chez les filles et les garçons) qui était réprimée depuis l‘enfance par des traitements d’une extrême cruauté. L’orgasme féminin résultant de la masturbation à longtemps été associé à l’hystérie par le corps médical occidental, il aura fallu attendre Freud pour démystifier et comprendre l’hystérie. Mais la masturbation féminine est restée tabou.
Il existe très peu de littérature scientifique qui se penche réellement sur l’anatomie d’une vulve et d’un clitoris comparé à celle qui existe pour les pénis. Le clitoris était décrit précisément pour les besoins des traitements cruels infligés aux filles surprises à se masturber, mais rien de concret ni de positif jusqu’aux travaux de Skene et Guérin au 19ème siècle.

C’est quelque chose que nous redécouvrons largement aujourd’hui grâce à des chercheuses féministes. Le tabou de la masturbation féminine vient pour partie de cette ignorance pure et simple du fonctionnement de notre corps, qui entrave également la jouissance. Alors que le pénis et l’appareil masculin sont largement évoqués à l’école en cours de biologie, les schémas concernant l’appareil génital féminin se limitent à une description très incomplète de la vulve et quelques informations (souvent fausses) sur la fertilité, l’utérus et le cycle menstruel. Nous remarquons aussi que ces cours se font en mixité, ce qui n’encourage pas la parole des filles et font taire par la peur des moqueries, les questions qu’elles auraient pu avoir envie de poser à leur professeur. (ça fait longtemps que je ne suis pas allée à l’école, et dans mes souvenirs, même les cours d’éducation dispensés par le planning familial en non mixité étaient très soumis au tabou. On apprenait plus à dérouler des préservatifs sur des pénis en plastique qu’à connaitre nos propres corps).

Il est important de noter qu’à ce jour, personne ne sait NOMMER le sexe féminin correctement. Les gens parlent couramment de vagin…C'est-à-dire la partie interne, celle qu’on ne voit pas. En tout temps il a été démontrer que refuser de nommer les choses ou les affubler de surnoms ridicules (minette, nénette, zézette…) c’est refuser de leur reconnaître
une existence, ne pas nommer la vulve c’est lui retirer son pouvoir sexuel actif, c’est réduire le sexe d’une femme à l’état d’objet, servant à être pénétré ou à enfanter.

La sexualité féminine n’est pas étudiée car encore considérée comme sale, taboue et surtout ne lui appartenant pas.
Les femmes ne peuvent avoir accès à des informations complètes sur leur propre anatomie,. Le tabou nous empêche d’en parler à mots ouverts, on ne parle de masturbation qu’à demi-mot, quand on ose évoquer le sujet, et on n’arrive même pas à demander ouvertement un tampon à sa collègue, Ne pas savoir comment son corps fonctionne et ne pas oser en parler sont une autre forme de contrôle patriarcal, celui qu’on a intériorisé au point d’avoir honte de nous-mêmes et de nos corps.

Par ailleurs la vantardise sexuelle est bien trop peu  évoquée. Quand vous lisez que la moitie des françaises n'ont jamais eu d’orgasmes, vous vous posez la question : Comment et Pourquoi ? Simple, soit la personne s'y prend mal (ça doit concerner une grande majorité d’hommes), soit elle n'y connaît rien (certains ne savent même pas qu'il y a un point g) en tout cas c'est très grave. Ce qui signifie que leurs partenaires ont du plaisir (je ne sais pas si je peux dire que les femmes ont du plaisir seulement en ayant un orgasme). La question de l'orgasme féminin est encore trop tabou .

Personnellement je pense que le plaisir existe sans orgasme, et heureusement d’ailleurs parce qu’il y une véritable pression à jouir à tout prix et seulement sous pénétration s’il vous plaît, ce qui n’est pas du tout facile pour celles d’entre nous qui n’ont pas une sensibilité exacerbée du point G, c'est-à-dire beaucoup d’entre nous.
Mais quand même, oui, on peut dire que les hommes jouissent en paix et bien plus souvent et facilement que nous

Nous avons vu que le contrôle constant du corps des femmes, la difficulté à s’informer correctement sur le fonctionnement de nos organes et à partager nos vécus ouvertement n’aident pas à « bien jouir ».
Pour jouir il faut connaître nos corps, nous masturber afin de découvrir ce qui nous plaît, car chacune de nous est unique et que c’est par cette connaissance que nous pourrons enseigner à nos partenaires comment nous faire plaisir, si toutefois nous souhaitons partager notre sexualité.

Or dès petites filles, nous entendons qu’on ne doit pas toucher, que c’est sale. Alors que nos frères se tripotent le sifflet dès le berceau sans aucun problème. Très peu de femmes osent se regarder la vulve dans un miroir, ce serait pourtant un premier pas vers une connaissance de soi-même. Ici encore il existe une injustice biologique : debout devant un miroir, un petit garçon peut contempler son pénis, alors qu’une petite fille devrait écarter les jambes et s’asseoir, ce qu’elle ne fera pas naturellement, surtout si sa mère lui assène que cette partie d’elle est « sale ».

Le mythe du sexe sale remonte très loin dans le temps, dès l’antiquité on disait que le sexe des femmes était susceptible de lâcher des liquides de façon incontrôlable. Qu’est-ce qui fait donc si peur aux hommes dans ce sexe ouvert, si différent du leur ? Si peur qu’ils aient eu besoin de contrôler le corps des femmes et de l’asservir pour leurs bons plaisirs ? Nous ne le sauront probablement jamais, mais il ne tiens qu’à nous aujourd’hui de reprendre le pouvoir sur nos corps, nos vies et notre sexualité.

Par ailleurs nous savons que les femmes sont sexualisées très jeunes notamment les femmes racisées qui en plus du sexisme font face à des remarques de type '' racistes/ fétichistes ''. En tant que femme noire, vous aurez le droit aux pires remarques / clichés :  '' je suis sure que tu sais comment t'y prendre, c’est connu que vous aimez ça les black (déjà on dit noir mais on a tellement de mal à le dire comme si c'était un gros mot)'' comme si nous étions nées pour ça, le fait que nous soyons noires feraient de nous des femmes plus coquines et ouvertes sexuellement. Des l'adolescence vous n'y échappez pas. Vous vous en prenez plein la tronche sans compter que si vous avez une puberté précoce ça n'arrange absolument rien.

Ça me rappelle cette phrase qu'on m' a lancé en troisième : on peut  faire une branlette espagnole avec tes seins. Quand on vous sort ça  vous êtes totalement déstabilisées, vous ne savez même pas qu'est ce qu'une branlette espagnole. La seule chose que vous ressentez est la gêne, l'inconfort. Nos corps sont toujours associés à cette image de "sexualité sauvage, débridée " je n'ai pas encore vu pour le moment une femme noire ayant des rapports sains (c'est possible que j'ai pu rater quelque chose). Je me pose la question concernant les femmes afro-descendantes. L'image qu'on véhicule sur nos sexualités est qu'elles ne sont pas saines, je suis lasse de voir que nos corps, nos sexualités soient lissées ;  qu'il y ait ce risque d'être qualifiée de sulfureuse.

Il n'y a pas besoin de vous rappelez que la sexualisation des femmes noires remonte à bien longtemps, tout cet imaginaire provient de la colonisation/esclavage  ou ce mythe sur les femmes noires (qu’elles soient en Asie ou en Afrique) hypersexuelles ont été développés. De nos jours, cet imaginaire subsiste et peut même être un frein au niveau sentimental si vous êtes avec un homme non noir (sinon la question est réglée). Vous vous posez la question : est ce qu'il a des fantasmes négrophiles (ex : je veux me mettre bien au pieu, elle est noire donc super ouverte sexuellement je vais pouvoir réaliser tous mes fantasmes, vous avez des lèvres de suceuses). Vous êtes réduites à l'état d'un objet censé répondre aux besoins sexuels, vous êtes à la limite d'être une poupée gonflable. Il est vraiment temps d'arrêter  de déshumaniser les corps des femmes noires. Sans compter la part du porno  (ebony est un des mots clés les plus recherchés sur les sites de porno) qui  dégrade encore plus d'arrêter de nous associer constamment à nos corps, de nous hypersexualiser.

Nous retrouvons cette sexualisation un peu partout plus particulièrement dans  les publicités,  ou souvent nous sommes juste un corps nu avec les organes sexuels bien mis en avant ou accompagnés d'un animal pour rappeler le côte soi disant "animalier " des femmes noires. Et les gens ne se rendent pas compte que cela a d'énormes conséquences notamment sur notre image, effectivement cela joue énormément sur les représentations/images qu'on peut avoir sur les femmes noires. Pourquoi notre sexualité serait elle considérée comme immorale,diabolisée ? A contrôler ? Comme si nous puons le sexe. Nous aussi nous avons le droit d'assumer notre sexualité sans être victime d'un slut shaming accompagné de racialisation.  En outre il ne faut pas oublier l'apport familial / religieux  dans certains cas ou un certain tabou règne sur la question, et que les relations sexuelles sont proscrites avant le mariage ou tout simplement impossible avant d'avoir terminé ses études. 

Alors voilà, j'aimerai connaître ta perception de la sexualité en tant que femme bisexuelle, ton imaginaire et la vision que tu as du sexe, l'affirmation sexuelle des femmes et ton rapport en tant que femme racisée
La question est vraiment vaste, mais je vais tenter d’y répondre.
J’ai grandis dans une famille ou la sexualité n’était pas un tabou bien que je n’aurai pas posé de question concernant ma personne directement.
En grandissant dans ce milieu bienveillant, je n’ai pas sacralisé le sexe et la virginité n’était pas pour moi quelque chose de fondamental, même si je souhaitais (au moins pour ma 1ere fois) le faire avec quelqu’un avec qui j’étais en couple et que j’aimais.
J’ai découvert la masturbation vers 13 ans, je me rappelle de ce moment, car j’ai cru que j’avais inventé quelque chose. J’avais un rapport particulier avec la masturbation, en même temps une fascination et un dégoût prononcé après m’être masturbée. Le tabou de la masturbation féminine est quelque chose de pesant, alors que la masturbation masculine est tolérée et même conseillée (toujours dans cette idée que les hommes ont des pulsions et que les femmes non…)
J’ai eu mon 1ere rapport sexuelle assez jeune, je devais avoir autour de 15ans, avec mon copain de l’époque. Ce garçon était noir, pour être honnête, je ne pensais pas, à ce moment, coucher un jour avec un noir. J’étais dans un milieu de blanc et inconsciemment je voyais le fait de sortir/coucher avec un blanc comme un changement de classe sociale (j’ai totalement changé d’avis), mais à cette époque les garçons blancs ne voulaient pas de moi, sortir avec une noire, jamais !
Je me rappelle que la veille de ma 1ere fois j’avais tapé dans la barre de recherche « doit-ton gémir quand on fait l’amour ? » avec le recul, maintenant ça me fait rire, mais cela me stressait beaucoup à l’époque. C’était surement dû au fait de la culture pornographique. J’avais peur de ne pas être assez bien, assez « bonne », assez jolie. Cette peur sur la performance m’a longtemps collée à la peau, je trouve que pour beaucoup de personne le
sexe est trop sérieux et trop accès sur la performance (la longueur de rapport, le volume sonore par exemple) et non sur un partage avec l’autre (qu’il y ait de l’amour ou non). J’ai beaucoup été complexé sur ça, la peur d’être un « mauvais coup », je n’aimais pas le sexe à deux, car j’avais peur d’être jugée et aussi car la pénétration était quelque chose qui me faisait mal, j’acceptais pour faire plaisir à l’autre (j’étais toujours consentante) et pendant des années ça a été comme ça, une sensation de brûlure après chaque rapport même si le garçon faisait attention (je me demandais pourquoi tout le monde aimait le sexe ou plutôt pourquoi la société nous poussait à croire que tout le monde aimait le sexe).
Cette réflexion m’a amené à me demander si je n’étais pas asexuelle (personne qui ne prend pas de plaisir lors de rapport sexuel) et je me suis convaincue que je l’étais. Puis quelques garçons plus tard, 3 ans après (j’appliquais au sens stricte le dicton « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ») j’ai rencontré un autre garçon noir, avec qui j’étais en couple, j’avais l’impression de vivre un « black love » comme sur les photos d’Instagram. Il était particulièrement heureux de sortir avec une noire, ma confiance en moi a été boostée. Il m’avait expliqué pourquoi il aimait autant la femme noire, et j’ai découvert que quelqu’un pouvait aimer ma noirceur et la désirer.
Je lui ai expliqué mon souci avec la pénétration, il a attendu autant de temps qu’il fallait et le jour où j’ai voulu, ça c’est très bien passé. J’ai découvert ce qu’était une sexualité épanouie et j’ai eu mon 1er orgasme vers 18 ans. J’ai beaucoup changé après ça, j’étais avec un garçon que je trouvais beau et qui me trouvait belle, et nous étions heureux. Je remercierai jamais assez ce garçon, il m’a tellement apporté et aidé dans l’acceptation de mon pour mon corps noir, de mes cheveux crépus, de cet afro qu’il aimait tant.
Les différents garçons non-noir avec qui j’ai couché m’ont souvent associé à des clichés sur la femme noire, sauvage et hyper sexuelle, ce n’était pas forcément méchant de leur part, il pensait me valoriser… Cela ne m’aidait pas du tout, car je doutais de mes propres capacités et ces garçons me renvoyaient à une image biaisée de LA femme noire.
Aujourd’hui je suis beaucoup plus sereine par rapport à ma sexualité, je me considère comme bisexuelle bien que n’ayant toujours pas eu de rapports avec une femme, au fond de moi c’est quelque chose d’évident. Je ne doute plus quand je vais faire l’amour, car je ne veux plus me soucier de la performance, je sais pourquoi je fais ça et comment je veux le faire. J’essaye des fois de parler de sexualité féminine avec des amies, pour essayer de libérer la parole mais c’est encore difficile malheureusement, j’espère avec le temps que cela changera. Anonyme 

En somme assumer notre sexualité ne fait pas de nous des putes, il serait temps que le slut shaming prenne fin. Il faudrait qu'on prenne conscience que les femmes ont le droit et le pouvoir d'avoir une sexualité épanouie sans subir les foudres du patriarcat.

PS : Suite à certaines remarques je précise que je m'exprime sur la situation des afro descendantes en Europe (la dernière partie). Sinon certains aspects n'auraient pas été traités. 

L'article a été rédigé avec Erulelya qui m'a été d'une grande aide. 
Drawings by PornonPaper.
+ Lisez absolument les témoignages de Payetoncouple

10 commentaires

  1. super article, j'aimerais entendre ça plus souvent...

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    1. Bonsoir ,

      Nous te remercions pour ce commentaire . 😀 Et c'est absolument normal on devrait l'entendre tout le temps :)

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  2. Encore un superbe article et comme à chaque fois j'ai appris/pris conscience de certaines choses grâce à toi.

    Quand au début de ton article tu dis qu'avec tes amies vous vous imaginiez tout pleins de choses autour de la sexualité je me suis revue en 4ème énumérant toutes le positions que mes amies et moi connaissions. Ça et de la virginité aussi. Nous étions toutes issues de famille très croyante et comptions toutes rester vierges jusqu'au mariage (FOUTAISE HAHAH) et quand une jeune fille que nous connaissions nous disais avoir déjà couché alors qu'elle n'avait pas atteint les 14ans, nous étions plus hypocrites et davantage virulentes que les hommes niveau slutshaming. Alors ouais, tu as totalement raison sur tout, que la société devrait cesser de "marionnettiser" la sexualité de la femme, ne plus la voir comme qqch de tabou/sale mais la route sera bien longue pour ça.

    P.S. : Quand tu parlais de masturbation féminine j'avais "Oops" de Tweet en tête, c'était assez drôle. LOL

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    1. Salut Sophie ,

      Ca me fait plaisir je me dis qu'il y'a une bonne finalité derrière 😬
      Je te promets nous étions toutes curieuse et oui le slut shaming a encore la peau dure , je pense un peu moins qu'il y a 20 ans . Mais ça reste critique surtout quand tu lis des témoignages de jeunes adolescentes ...
      il faudrait qu'ils comprennent que nous sommes autonomes et que nous gerons notre sexualité comme nous le souhaitons .

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  3. Article très très intéressant.
    J'ai une remarque, je trouve qu'il y a un manque de nuance concernant la virginité.
    Etant croyante je ne vois pas ma virginité comme un cadeau à offrir à quiconque justement je déteste cette idée car je considère que "l'hymen" n'est pas un cadeau je le fais par rapport à mes croyances.
    Aussi étant voilée je n'ai pas le droit de discuter de ce genre de sujet à l'extérieur (mes amis me connaissant assez) car je serais vu comme une fille facile ce qui est contradictoire avec "ma tenue" c'est assez frustrant parce que ce n'est pas parce que je suis une jeune femme croyante que je n'ai pas le droit d'aborder le sujet du sexe. Une femme qui aborde des sujets sexuels est forcément une fille facile. En espérant que les mentalités vont changer.

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    1. Bonsoir Toulaye,

      J'ai eu une éducation très religieuse et je comprend ce qu'elle ressent par rapport a sa virginité. Dans l'article je voulais surtout dénoncer certaines pratiques issues du patriarcat comme faisant partie d'une oprression systémique, au dela du ressenti des êtres humains qui la vivent ou la subissent.
      Ce que je veux dire par la c'est que son ressenti et sa façon de vivre sa viriginité lui appartiennent et ne sont ni bien ni mal, juste sa façon de le faire et tout ce qui compte c'est qu'elle se sente bien avec ça.
      Mais on a besoin de dénoncer les choses pour les combattre et ce que nous déninçons, c'est ce que le parriarcat fait de nos corps sans nos consentements.
      Pour le reste vraiment je comprend, c'est difficile de parler de sexe et d'amour avec le poids de la religion.

      Erulelya

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  4. Bonjour !

    La citation du début a été reprise/retouchée par Beyoncé, mais elle est en réalité extraite de la version française du film The Big Lebowski. D'ailleurs, la version du film est légèrement plus longue et plus classe, à mon sens (sûrement car c'est Julianne Moore !) : http://www.slate.com/blogs/browbeat/2013/12/13/beyonc_french_lyrics_on_partition_did_beyonc_sample_the_big_lebowski.html

    Quoiqu'il en soit, ton article est très intéressant et décrit bien certaines problématiques de ce siècle :)

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    1. Bonjour Léa !

      Merci pour ton commentaire je vais rectifier le tout 😀 ! Et encore merci pour ton commentaire 😎

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  5. Article superbement élaboré ! J'étais à fond, du début à la fin.
    Pour répondre à une question abordée lors de votre récit, j'ai lu quelque part qu'une femme était libre lorsqu'elle assumait pleinement sa sexualité, et un homme l'était lorsqu'il assumait pleinement ses emotions. Par conséquent, je pense que contrôler la sexualité des femmes était une façon de contrôler le pouvoir décisionnel de la femme et donc, empêcher la femme d'être à 100% de ses capacités. Cela cache une grande insécurité et une peur de tout ce qu'une femme peut accomplir sans l'aide d'un homme, car celle-ci détient un pouvoir immense (notamment due à notre pouvoir de Procréation). Afin d'éviter que le contrôle ne passe aux mains des femmes, quoi de mieux que de contrôler notre sexualité et nous laisser à la moitié de nos capacités ? Je ne suis absolument pas contre les hommes, j'essaye juste d'analyser objectivement les principes intrinsèque d'une société qui s'acharne sur le sexe, en créant un tabou déséquilibré (car plus accepté chez l'homme).
    Force à vous !

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    1. Bonsoir,

      Merci beaucoup pour ce commentaire. Je suis tout à fait d'accord avec toi = empêcher la femme d'être à 100% de ses capacités. J'ai pu le remarquer dans la vraie vie et il y'aurait à un vrai débat sur cette problématique. Elle est totalement autonome et sure d'elle. Je valide les dernières phrases de ton commentaire, au moins nous sommes pas les seules à l'avoir observer. Merci ! :)

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